Le déclic Covid
En 2020, le e-commerce ne fait pas partie du quotidien de Via Logistique. L’entrepôt fonctionne avec des clients B2B : palettes, colis, clients professionnels, flux bien rodés. Puis le Covid arrive, et avec lui une prise de conscience brutale pour l’un des clients de Via Logistique : son canal de distribution traditionnel s’effondre, et il n’a pas de présence en ligne pour compenser.
Le marché, lui, ne s’arrête pas. Les ventes e-commerce doublent (presque) pendant la crise. Le client se tourne vers Via Logistique avec une idée simple : « Vous savez déjà gérer mes produits, vous savez déjà expédier des colis, faites-le directement pour les particuliers.«
Via Logistique n’a alors aucune infrastructure dédiée au B2C. Pas de zone picking pour les unités, pas de process d’emballage individuel. Mais une réponse claire et évidente : « On va vous accompagner. »
C’est le point de départ d’une transformation qui dure aujourd’hui depuis six ans.
Un premier gain inattendu : ne plus rien jeter
Avant même de penser process et organisation, une opportunité concrète se dessine. Dans la logistique B2B, les retours de produits endommagés pendant le transport posent un problème récurrent. Prenons un exemple : un colis de 10 unités arrive avec un produit cassé. Le client final refuse le colis : il n’est pas complet. Donc le colis revient et notre client ne peut pas le facturer. Résultat : 9 produits parfaitement utilisables finissent à la poubelle, assortis d’un coût de retraitement non négligeable pour des produits phytosanitaires par exemple.
L’e-commerce change la donne. Ces 9 unités sont conformes, elles sont simplement orphelines de leur colis d’origine. En B2C, on vend à l’unité. Et justement, c’est exactement ce que demande la marketplace. Via Logistique propose alors à son client de réintégrer ces produits dans le flux e-commerce plutôt que de les détruire. Zéro déchet, zéro perte, et une première valeur ajoutée tangible dès le démarrage.
B2B et B2C : deux mondes, une seule expertise
Ce que Via Logistique découvre très vite, c’est que le e-commerce n’est pas simplement une version réduite de la logistique B2B. C’est un autre métier, avec sa propre logique opérationnelle.
Un stock séparé, pour une bonne raison.
En B2B, les commerciaux du client raisonnent en colis : un colis de 10, un colis de 12. Si le stock disponible dans le WMS inclut des unités e-commerce isolées, les calculs de disponibilité deviennent faux. Le commercial croit avoir 11 colis disponibles, mais en réalité il en a 10 Le reste est éclaté en unités individuelles avec des dates de péremption différentes. Résultat : une commande B2B impossible à honorer. La solution est radicale mais nécessaire : deux stocks entièrement séparés, deux visions distinctes de la disponibilité.
Un rythme qui n’a rien à voir.
En B2B, l’activité suit les fins de mois : les clients facturent, encaissent, et passent commande en conséquence. En e-commerce, c’est le calendrier qui dicte le tempo. Le lundi est très fort en activité parce que les particuliers ont travaillé dans leur jardin le week-end et recommandent pour le suivant. Le jeudi aussi, pour les mêmes raisons. Les commandes arrivent le matin, les premières expéditions partent à 14h. Il faut préparer le jour J pour livrer le lendemain.
Un emballage qui demande une vraie technicité.
En B2B, un produit ne quitte jamais son colis d’origine. Via Logistique ne voit parfois même pas à quoi il ressemble physiquement. En e-commerce, c’est l’inverse : chaque produit passe entre les mains des opérateurs, individuellement. Et chaque produit a ses contraintes. Un spray pour vitres a un embout fragile qui casse facilement dans un colis de messagerie. Un seau en plastique encaisse mal les chocs dans une camionnette de livraison qui transporte 60 colis. Bien emballer, c’est une compétence. Et Via Logistique a appris à la maîtriser.
La professionnalisation : structurer pour continuer à grandir
Après +60% de volume en un an, il ne s’agit plus d’ajuster à la marge. Il faut refondre les process. Via Logistique engage une démarche structurée de professionnalisation de son activité e-commerce.
La réorganisation de la zone picking
Les produits sont désormais classés selon la méthode ABC : les références les plus demandées (classe A, qui représentent 80% des expéditions) sont placées en accès immédiat, les moins fréquentes en retrait. Objectif : réduire le piétinement. Ces allers-retours répétés entre emplacements proches fatiguent les équipes sans créer de valeur. Un opérateur qui prépare 1 000 commandes dans la journée ne peut pas faire 1 000 aller-retours complets entre le stock et la table d’emballage. Partir avec 5 commandes simultanées réduit ce nombre à 200, soit potentiellement le temps de préparation divisé par deux ou trois.
Les racks dynamiques
L’analogie que donne Samuel est parlante : imaginez une étagère où vous pliez vos chemisiers en piles de 10. Quand c’est plein, vous avez 20 unités disponibles. Maintenant imaginez la même penderie avec les mêmes vêtements suspendus : vous en rentrez 50. Les racks dynamiques fonctionnent sur ce même principe. Les produits sont en position verticale, les uns derrière les autres, et l’opérateur prend toujours le premier. Plus besoin de choisir, plus de réassorts constants, plus de flux interrompus. Ces racks sont maintenant opérationnels pour nos agents.
Le put-to-light
C’est l’étape suivante : un chariot équipé d’afficheurs lumineux guide l’opérateur dans sa préparation. Il scanne le produit à son emplacement, et les cases de rangement concernées s’allument avec la quantité à déposer. Plus besoin de relire le bon de livraison pour vérifier chaque commande. l’information est directement sur le chariot. Aujourd’hui, une personne passe une part importante de sa journée à contrôler manuellement les commandes avant expédition. Le put-to-light réduit ce temps à la portion congrue, tout en éliminant les erreurs à la source.
Les prochaines étapes
Une emballeuse automatique pour fermer les cartons (bien plus rapide qu’un opérateur, et constante sur la durée), une pesée automatique pour éviter les écarts de poids avec les transporteurs, et une trieuse automatique par transporteur pour éliminer les dernières opérations manuelles à la sortie. L’investissement total est estimé est assez conséquent et n’est rentable qu’à partir d’un certain volume. Via Logistique est arrivé à ce stade.
Ce qui ne changera pas : la qualité et l’humain
Dans cette démarche d’automatisation, Via Logistique a fait un choix délibéré : n’automatiser que ce qui n’a pas de valeur ajoutée. Fermer un carton au scotch : automatisable. Caler un produit fragile pour qu’il arrive intact chez un particulier : non.
C’est pourquoi Via Logistique n’a pas adopté le « voice picking », ce système où l’opérateur porte un casque qui lui dicte ses déplacements en temps réel. « Ça réduit le travail à une machine« , résume Samuel. Dans un entrepôt entouré de chariots et d’hommes, avoir les deux oreilles libres n’est pas un détail. C’est une question de sécurité autant que de cohésion d’équipe. Les opérateurs de Via Logistique voient ce qui se passe autour d’eux, communiquent, s’entraident. C’est un choix managérial assumé.
Le résultat : des performances qui se maintiennent à 98,99% de commandes correctement préparées, même en pic d’activité. Ce niveau n’est pas le fruit de la technologie seule. Il vient d’équipes formées, engagées, et qui comprennent pourquoi chaque colis compte.
Votre projet e-commerce a besoin d’un partenaire qui a déjà appris à votre place
Via Logistique a construit son expertise e-commerce au rythme de son client et de ses besoins. Aujourd’hui, cette expertise est disponible pour ses nouveaux clients, y compris ceux dont l’activité est 100% e-commerce.
Ce que vous trouverez chez Via Logistique, c’est une infrastructure rodée sur des volumes réels, des process testés et ajustés à votre besoin, et une équipe qui sait exactement pourquoi chaque décision opérationnelle a été mise en œuvre. Mais surtout, vous aurez en face de vous des professionnels avec plus de 20 ans d’expertise logistique.
Vous n’avez pas à apprendre dans la douleur. On l’a fait pour vous.
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